Après plusieurs séances de pourparlers avec les religieux sous la conduite du Premier ministre Dr Bernard Gomou, les forces vives de Guinée ont décidé de se retirer du cadre de dialogue le 28 avril dernier et invite ses militants et sympathisants aux manifestations de rue. Selon ces leaders politiques, le dialogue initié par les chefs religieux est jusque-là improductif.
Ce retrait est judicieux car le dialogue est certes indispensable, mais dans le cas d’espèces, il appartient au gouvernement de prendre toutes ses responsabilités. Selon le président du parti ARENA jusque-là, le gouvernement manque de volonté réelle pour l’ouverture d’un cadre de dialogue.
<< Jusqu’à maintenant il n’y a pas eu une véritable volonté de dialogue de la part du gouvernement. Ça s’observe et ça se voit. Il y a des initiatives, mais la véritable volonté de dialogue n’est pas encore mise sur la table. Ce que la classe politique attend, c’est l’ouverture d’un cadre de dialogue inclusif. Ce que nous l’Alliance pour le Renouveau National attendons de la classe politique, c’est un dialogue porteur de garantie.

Dr Sékou Koureissy CONDE, président du parti ARENA
Quelles sont les garanties que nous demandons à l’exécutif et quelles sont les garanties que le CNRD nous demande? C’est la rencontre de garantie sur la base de bonne volonté de part et d’autre qui aboutit à un dialogue constructif et pérenne>>, déclare Sékou Koureissy CONDÉ au cours d’un entretien accordé à notre rédaction.
Poursuivant, il a déploré la non-désignation de quelques acteurs sociopolitiques comme des médiateurs, un choix qui leur aurait mieux permis de s’intégrer et de se sentir concerné.
<<On ne s’écoute pas. L’Alliance pour le Renouveau National a demandé la désignation de deux ou trois négociateurs du côté de la classe politique et de la société civile, pour un dialogue permanent, ce n’est pas 250 partis politiques pour un dialogue, ce n’est non plus 2 ou 3 partis. Mais c’est être capable de désigner deux ou trois personnes pour rencontrer les autorités gouvernementales, permettant à l’ensemble de la classe politique de se concerter et de se sentir concerné premièrement. Deuxièmement, du côté du pouvoir, nous sommes dans une transition, si tel est le cas, nous n’avons aucune raison de nous bousculer les uns et les autres dans le dos>>, suggère le président d’ARENA.
Plus loin, Dr Sékou Koureissy Condé laisse entendre que pour l’instauration d’un climat de stabilité nationale, les institutions militaires et la classe sociopolitique doivent mettre fin à la rivalité, pour faciliter la tenue d’un dialogue franc et responsable afin de poser toutes les questions liées à l’avenir de la nation guinéenne sur une table de négociation.
<<Le dialogue a pour objet aussi d’examiner les questions post-transition, je suis convaincu que tant que les institutions africaines, les corps intermédiaires, la société civile, les partis politiques n’acceptent pas d’intégrer définitivement la donnée militaire, institutionnelle dans les questions de gouvernance, nous n’aurons pas la stabilité. Et tant que l’institution militaire pense que la classe politique et la société civile sont des ennemis nous n’aurons pas la stabilité. Le dialogue franc et responsable permet de poser les questions d’actualité et les questions d’avenir. Pour le moment, on n’est pas dans le schéma d’un véritable dialogue>> a-t-il lancé.
Concluant, il invite les Guinéens à cultiver l’esprit de dialogue dans un souci de paix et de stabilité, de développement et d’épanouissement de notre cher beau pays. Car selon lui, la Guinée a toutes les chances de devenir un Etat émergent économiquement, politiquement et socialement.
Doussou Konaté
