Les conséquences de la pénurie du carburant continuent à perdurer les activités et la mobilité des citoyens à Conakry. Depuis 48h, les populations sont plongées dans une profonde impasse due à la rareté du carburant. Ce, sans aucun espoir malgré les discours rassurants des autorités de tutelle.
Outre le secteur du transport, les conséquences de cette rareté tendent à se répercuter sur toutes les activités socioprofessionnelles de la capitale. Déjà dans les pointes de vente, les usagers sont confrontés à la rareté des engins et une longue file d’attente. Ceux roulant ont des tarifs variés. Certains conducteurs ont réajusté le tronçon à 3.000 GNF. Sur la route de prince, le tronçon des tricycles est à 5000 GNF. Les motards eux, ont quatriplé. Car disent-ils, « l’essence est à 35.000 GNF dans les marchés noirs »».
D’après les citoyens interrogés, certains conducteurs qui ne consomment pas l’essence sont par endroits les initiateurs de cette augmentation fantaisiste. D’après deux vendeuses de poissons, elles étaient obligées à doubler leur transport pour évacuer leurs marchandises. Conséquence, le panier de la ménagère risque de peser lourd.
« Nous avons payé 400.000 GNF pour transporter trois cartons de poissons. Habituellement, on paye 200. 000 GNF, voire150.000 GNF de Bonfi à Matoto. Avec cette multiplication du transport, je ne pense pas revendre les poissons au prix initial. Je dois sauver mon capital », déclare Mamadama Bangoura, vendeuse de poissons.
Le transport inter-prefecture n’est pas exempté de cette augmentation. D’après un passager de Conakry-Beyla, le montant varie entre 350 et 380000 francs guinéens.
« Je suis venue à la gare, les syndicats m’ont dit qu’il y a un réajustement de prix. Que les chauffeurs doivent s’approvisionner en abondance pour quitter Conakry. Car certains ont été confrontés à la situation à leur retour. Et comme le carburant est introuvable dans les stations, ils sont obligés de faire la navette dans les marchés noirs. Et c’est nous qui devons malheureusement payer ces frais », déplore Mountaga.
D’après les responsables du département de tutelle, cette crise est due au transfert de la gestion des produits d’hydrocarbures dans le portefeuille de l’Etat. Ce nouveau mécanisme enregistre la lenteur dans le traitement des dossiers par les banques. Toutefois, le directeur général de la SONAP a annoncé que « le dépotage du gasoil et du jet a commencé. Et le bateau d’essence suit dès après. Toutes les démarches ont été confirmées », rassure Amadou Doumbouya.
D’ici la reprise de la fourniture, les citoyens usagers continueront à faire la queue dans les stations-services qui utilisent leur réserve et à payer le triple du transport.
Mariam KANTE
