L’absence d’indépendance de la justice est allée si loin sous la meute militaire (CNRD) que c’est le procureur spécial qui décerne le mandat de dépôt alors qu’il n’en est pas de ses prérogatives(ni qualité ni droit) mais plutôt du juge d’instruction. Et mieux, un magistrat de l’administration centrale du ministère de la Justice, donc soumis au garde des Sceaux qui se prévaut de libérer certains accusés auxquels sont reprochés les mêmes faits que ceux qui jusqu’à présent sont encore en prison.
Comment engager une lutte contre la corruption sans audits préalables ou poursuivre un ministre sans le DAAF ?
L’une des preuves éloquentes de la lutte sélective au nom de la refondation taillée sur mesure dans le seul but de freiner des hommes présidentiables ou régler des comptes d’un groupe d’anciens dignitaires. Par ailleurs, dans les pays respectueux de la séparation des pouvoirs, on ne peut voir un ministre ou un porte-parole du gouvernement se prononcer sur des questions qui relèvent de la justice, mais les procureurs d’instance.
La vérité, depuis 05 septembre suite au coup dur porté à la démocratie et à l’État de droit le laisser-aller judiciaire est devenu la norme de la gouvernance CNRD, des libertés et droits indus sont acquis et consacrés dans l’indifférence et la complicité coupables de tous. Le monde à l’envers !
Bref, Doumbouya et son entourage eux aussi ne se gênent pas que tout le monde constate qu’ils ont asservi, assujettis, inféodés, avilis et domestiqués la justice, notre justice guinéenne.
Les magistrats ont failli à leur mission ; ils ont trahi leur serment. C’est visible, le peuple sait.
Donkass Traoré
