vendredi, octobre 16, 2026
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Dissolution du BSP : ce qu’il faut savoir sur ce Bataillon de la Sécurité Présidentielle

by LA REDACTION
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Dans un décret lu ce jeudi soir sur les antennes de la télévision nationale, le Président de la Transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, a procédé à la dissolution du Bataillon Spécial de la Sécurité Présidentielle (BSP). Le ministre de la défense et le Chef d’Etat Major Général des armées, chacun en ce qui le concerne, est chargé de l’application dudit décret. Cette nouvelle, comme une traînée de poudre a été largement diffusée par les médias Guinéens. Pourquoi cette actualité est traitée avec autant de célérité et de commentaires ? C’est quoi exactement le BSP dans l’armée Guinéenne ? La rédaction d’inquisiteur.net, apporte des éléments de réponses à ces questions au terme d’une enquête. 

Il faut retenir que depuis quelques jours, la vidéo d’un féticheur prédisant la fin de la Transition du CNRD fait le tour des réseaux sociaux. Les commentaires fusent par monts et par vaux au sein de l’opinion publique.

Visiblement, les autorités de la transition au plus haut niveau semblent avoir été touchés par les déclarations du jeune charlatan. En moins de 24h, depuis Siguiri, des hommes en uniforme ont été envoyés à sa trousse.

Dans une autre vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le jeune féticheur du nom de Mofa Sory qui signifie littéralement « Sory le tueur d’homme », a annoncé l’arrestation de plusieurs membres de sa famille ainsi que ses disciples. Il rajoute à nouveau avec insistance que le pouvoir de Conakry va « tomber dans un délais de 18 ou de 28 jours ».

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Dans la foulée de cette nouvelle qui s’est répandue à la vitesse éclair, les autorités militaires de Conakry ont semblé prendre les choses à bras le corps.

D’abord, ce sont deux décrets qui vont être lus à la télévision nationale, l’un annonçant le limogeage et le remplacement du patron des renseignements militaires et l’autre, du commandant du prestigieux camp de grande renommée des Commandos du BATA (Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées), transformé à l’avènement du CNRD en centre de formation des missions de maintien de la paix. Ces deux décisions ne sont pas passées inaperçues. Pour de nombreux Guinéens, ce sont les effets d’annonces des prédictions du féticheur.

Au même moment, la cité a été inondée par des rumeurs et spéculations annonçant des arrestations, des limogeages et même des mésententes au sein de la hiérarchie militaire. Rien de tout cela n’est vérifié ou confirmé même s’il se dit souvent dans le langage populaire du pays que : « le Guinéen ne ment pas » ou que : « les rumeurs se confirment toujours en Guinée ».

En dépit de toutes ces situations, c’est une nouvelle décision du Président de la transition qui vient encore enrajouter à la polémique et aux supputations. Il s’agit notamment du décret de dissolution du Bataillon de la Sécurité Présidentielle (BSP) lu à la télévision nationale.

Pourtant, ce Bataillon, selon des indiscrétions au sein de la grande muette, a été créé sous le régime de feu Général Lansana Conté avec l’appui technique des coopérants de l’armée Française.

Malgré les changements de régime, le BSP a toujours résisté au temps et a connu plusieurs intégrations en son sein par des nouveaux éléments recrutés et formés par les différents Présidents qui se sont succédés à la tête de l’Etat Guinéen.

Les mêmes sources indiquent que les dernières intégrations au sein de ce Bataillon de la Sécurité Présidentielle remontent au début du régime d’Alpha Condé, notamment avec les soldats de sa garde Présidentielle appelés « les Angolais » pour avoir été formés dans le pays de Dos Santos. Les éléments de ce Bataillon étaient répartis entre les camps Makambo, Tombo et Camayenne.

Depuis le coup d’Etat du 5 septembre 2021, les soldats de ce Bataillon ont été complètement effacés du dispositif sécuritaire de la Présidence. La plupart des éléments ont été mutés dans un premier temps au camp Kwamé Krumah du km36 avant d’être dispersés un peu partout à l’intérieur du pays. Seulement quelques poignées d’hommes qui seraient rester à Conakry au camp Camayenne.

Quant à la garde Présidentielle du Colonel Doumbouya, c’est exclusivement les éléments des forces spéciales avec lesquels il a orchestré le coup de force du 5 septembre. Ce sont eux qui occupent actuellement les camps Makambo et Tombo en plus des dispositifs sécuritaires de Sekoutoureya et du palais Mohamed V.

En clair, le Bataillon de la Sécurité Présidentielle n’existait presque pas si ce n’est de nom depuis l’accession du CNRD au pouvoir. Pourquoi sa dissolution ?

De l’avis de plusieurs spécialistes, cette décision n’a aucune teneur spéciale si ce n’est les circonstances du moment liées à l’actualité du jeune féticheur qui prête le flan à plusieurs interprétations. Sinon, il y a bientôt un an, le Colonel Doumbouya a procédé à la dissolution du camp Samoryah de Kindia pour en faire un centre de formation, à la création du Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR). Ces décisions n’ont fait effets d’aucun bruit ni de murmure dans la cité.

Cependant, ne dit-on pas que les circonstances des événements déterminent toujours la nature et valeur des événements ?

Affaire à suivre…

 

 

 

Mamoudou Babila KEÏTA 

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