Les réactions fusent de partout tant sur le plan national qu’à l’international au lendemain de la condamnation de l’adjudant-chef Moriba Camara par le tribunal criminel de Dixinn, dans le dossier du jeune écolier Issiaga Diallo. Dans cette affaire, le jeune écolier avait été tué par balle à Bambéto en marge de la manifestation spontanée organisée dans la capitale au lendemain de l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Sur cette actualité, notre rédaction a recueilli l’analyse d’un défenseur des Droits de l’Homme. Mamadou Kaali Diallo salue cette décision du tribunal de Dixinn, car selon lui cela pourrait constituer un point de départ dans le cadre de la lutte contre l’impunité.
<<Nous avons suivi avec un grand soulagement, c’est salutaire qu’il y ait cette condamnation enfin parce qu’il vous en souviendra que depuis de longues années il y a souvent usage excessif de la force pendant les manifestations sociales et politiques. Je veux parler d’usage à balles réelles, je le dis sur le fondement des rapports médicaux légaux qui ont été réalisés lors de ces manifestations. Aujourd’hui qu’il y ait cette volonté d’aller à cette rupture-là, nous osons espérer que c’est un pas important et cela continuerait que désormais toute personne qui userait l’usage de la balle réelle pendant les opérations de maintien d’ordre répondra à la loi parce que non seulement le principe sur le fondement de la théorie de la baillonnette intelligente nul ne doit exécuter un ordre manifestement illégal et surtout l’usage de la balle réelle est formellement interdite pendant le maintien d’ordre.>>
Interrogé sur la réaction de la famille de la victime qui trouve la peine trop légère et décide d’interjeter appel, notre interlocuteur ajoute.
<<Je peux comprendre ceux qui pensent que les dix ans de prison ferme et cent millions comme réparation sont légers par rapport à un élève qui faisait la 10ème année qui peut être l’espoir de toute une famille. Je suis d’accord, mais il faut quand même noter ce petit aspect positif, ce qui est un début. Sinon durant les onze ans du régime précédent depuis Zakariaou Barry, on n’est partie jusqu’à compter plus de deux cent morts sans qu’il n’y ait justice excepté le cas du capitaine Kaali aujourd’hui qu’il y ait ce début-là, nous pensons qu’il y aura une rupture. Mais il faudrait que cette rupture soit à la hauteur du fait causé.>>
Molayane
