Actualités Gouvernance Les frasques du macadam Opinion Points de vue engagés Société & Environnement Tribunes-dexperts Guinée : Quand la corruption dévore l’âme de la nation ! LA REDACTIONdécembre 29, 20250304 views La Guinée saigne. Elle saigne de cette plaie béante, purulente, que l’on nomme la CORRUPTION. Ce n’est plus un simple fléau ; c’est un cancer généralisé qui ronge notre société et étouffant l’éthique et la morale. Aux côtés de son funeste comparse, le DETOURNEMENT, la corruption a renversé toutes les valeurs, paralysé le fonctionnement de notre État, volé les espoirs d’une vie meilleure et jeté notre jeunesse sur les routes périlleuses de l’incertitude et du désespoir. Le plus révoltant, c’est de constater que ce virus continue sa propagation inexorable, alimentée par la complicité cynique de ceux-là mêmes qui avaient promis le remède. Ceux qui devaient être les gardiens de l’intégrité se sont laissés contaminer jusqu’à la moelle épinière, devenant les vecteurs les plus dévastateurs de la maladie. Dans ce tableau sombre, les quelques rares figures courageuses qui osent encore résister, qu’elles soient issues de la presse, de la société civile ou des formations politiques, vivent un véritable calvaire. Elles sont les cibles privilégiées d’un système qui ne tolère aucune dissonance. Des menaces et intimidations, des enlèvements et disparitions forcées, ainsi que des tentatives d’assassinats, tel est le quotidien de ceux qui cherchent à guérir le pays de cette maladie chronique. Certains sont persécutées, arrêtées, emprisonnées et même condamnées au nom d’une justice corrompue, manipulée, qui vacille au gré des billets de banque. Des magistrats véreux, oubliant leur serment et la loi, transforment les tribunaux en marchés où l’impunité s’achète et la justice se vend. Mais le spectacle le plus désolant et le plus révoltant réside dans l’attitude de nos populations. Face à cette cynique réalité, on assiste, malheureusement, à un soutien paradoxal de l’indignité et de l’immoralité. Ceux qui osent dénoncer, qui se battent contre le mal qui nous ronge, sont traités de maudits, rejetés par une partie de la société qui semble préférer l’obscurantisme à la lumière, la soumission à la dénonciation. Au stade où on est arrivé, la Guinée est à un carrefour. Soit elle se laisse dévorer par cette hydre à mille têtes qu’est la corruption, soit elle trouve en elle la force de se lever, de dénoncer avec une seule voix, et d’exiger des comptes. Le temps est venu de briser le silence complice et de refuser cette réalité qui nous asservit. A quand le réveil face à ce fléau ? La Guinée continuera-t-elle à s’enfoncer dans la corruption, ou les voix de la justice finiront-elles par percer le mur du silence ? Attendons de voir ! Mamoudou Babila KEITA