Transition guinéenne : Traqué et en cavale, le témoignage choc de Babila KEITA, journaliste rescapé en exil

Le 23 juillet dernier, lorsque je m’apprêtais à regagner Conakry en provenance de la Guinée forêstière, j’ai échappé de justesse à une tentative de kidnapping à Kankan, grâce à Dieu à travers les bons contacts qui ont donné l’alerte. Les forces du mal qui ont commandité et tenté cette forfaiture, n’étaient guidées ni par la raison, ni par le bon sens. Malheureusement, elles ignoraient totalement à cet instant précis, en ces lieux, le pacte sacré qui me lie à la sainte et merveilleuse ville de Kankan, la terre qui a vu naître le saint Waliou Cheick Fanta Mady Chérif (Karamo Sékouba), l’homme et son épopée en tant qu’esclave de Dieu et serviteur des causes justes dans la dévotion à la foi.

Ce jour du 23 juillet 2024, j’ai fui Kankan par des routes de l’impossible, dans les frasques du macadam pour parcourir nuitamment environ 150 km à moto avant de trouver refuge dans un petit village rempli de belles âmes, mais perdu au milieu de nulle part. Ce fut une nuit blanche mais remplie d’humanisme et de solidarité propres aux communautés villageoises.

Au lendemain, dès l’aube, sous une pluie fine, le fuyard et son guide motard ont repris le chemin périlleux semblable à celui d’un candidat à l’immigration clandestine dans le désert et dans la méditerranée, pour débarquer dans une contrée nouvelle au paysage verdoyant loin de l’océan bleu, de ma Zaly natale et des rivières du Hamana notre souche.

Sur cette nouvelle terre de survie et d’opportunités vitales que je nomme Kissi-dou comme Kissidougou dans sa signification littérale mandingue, la terre nous a béni pendant ces 5 mois de clandestinité dans mon propre pays, le pays de mes ancêtres.

En ce dimanche 22 décembre, date de grands événements et de grandes mutations notamment dans l’histoire de notre pays, j’annonce à ma famille, mes parents, amis, collaborateurs, connaissances et admirateurs, à tous mes compatriotes, que l’un des journalistes rescapés de la transition du CNRD, a déjà quitté son enclos pour s’évader dans la nature vers une destination inconnue. Il fallait nécessairement fuir les kidnappings, les disparitions forcées et les assassinats ciblés. Gloire à Allah pour le souffle de vie et la protection.

Le temps est venu pour démasquer le mensonge et les menteurs. Le temps est venu pour mettre à nu les fables des imposteurs qui veulent nous réduire au silence pour continuer à pressurer notre peuple et maintenir la Guinée dans la léthargie.

La fourberie doit être exposée, les manipulateurs doivent être démasqués et les nouveaux seigneurs sans foi ni loi en manque de légitimité et bientôt de légalité, doivent être contraints à la démission par l’expression de la souveraineté du peuple.

Plus de répit. Le temps de la méditation est terminé, il faut maintenir la conscience du peuple en éveil jusqu’au 31 décembre 2024. La Guinée doit survivre dans la démocratie et l’État de droit pour le bien-être de tous. Partout où on se trouve, défendons notre mère patrie, ses valeurs humaines, sociales et culturelles.

Merci à chacun et à tous pour vos soutiens de tous les jours. Restez à l’écoute !

Mamoudou Babila KEITA, Journaliste d’investigation au Groupe Hadafo Médias et Administrateur Général d’Inquisiteur.net

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